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  • Mathilde ROUX

The Black dog


Connaissez-vous cette expression de Churchill, qui désignait ainsi sa dépression chronique ? C'est comme le terme baby blues, ça claque avec ce petit parfum rock and roll. Le mot "cafard", en revanche, vous a un côté poivrot de Barbès ou du 15ème (marseillais, pas parisien).... Et puis ça pose pas la barre très haut. Affronter The Black Dog, c'est tout de même plus épique que de tuer un cafard.

L'anglais dépressif sonne plus fun.

Churchill était un grand dépressif on ne peut plus fun d'ailleurs.

J'aime bien les dépressifs. Ils sont lucides.

C'est vrai: quand on regarde autour de soi, y a quelques raisons d'angoisser. Je rappelle que Luke Perry est mort quand même. Je n'ose pas imaginer la mort de Shannen Doherty. L'horreur.

La dépression de l'être humain est somme toute logique. Le temps d'apprendre à lire et sûr de sûr, l'être cultivé (la majorité donc) n'y coupera pas. "M---- écrit des livres ???? Mon Dieu, quelle horreur !" Et paf le train. Comme Anna Karénine (notre héros désespéré n'a pas manqué de dévorer Tolstoï avant M----, erreur fatale. Il faut toujours commencer par M----, tu seras jamais déçu et moins facilement suicidé).


Heureusement, ce qui sauvent les dépressifs (qui n'en demandent pas tant) c'est qu'ils sont souvent très rigolos. Churchill était rigolo. Baudelaire, c'est moins sûr mais on ne demande pas à l'auteur des Fleurs du mal d'être EN PLUS comique. Ca va. T'es le plus grand poète français de tous les temps, y a pouce. T'es pas drôle, clairement, mais t'as fait tes preuves. "De profundis clamavi you're the champion my friend", je l'affirme cash en un hommage latino-rockien se traduisant grosso modo en lisant le poème de Charles, De Profundis clamavi et en écoutant de la bonne musique (God save Queen).


Ceci dit, je constate que les dépressifs rigolos sont légion. En même temps, Poelvoorde leur sert de guide universel. Mais attention, nuance importante: les rigolos dépriment souvent (l'humour est la politesse des tristes), mais les dépressifs ne font pas TOUJOURS rire. Anna Karénine n'a fait rire personne avant de se prendre un train. (c'est fou la littérature quand on y pense. La plupart des gens prennent le train. Tout court. Anna Karénine SE l'est pris. Un écrivain peut tuer en deux lettres. Mais je résume un peu... Lisez Tolstoï. C'est plus subtil.)


Pourquoi est ce que je vous parle de dépression ? Parce que le printemps revient et que ça me déprime. En plus, chez moi, il commence en février et du coup, ce n'est pas drôle, tout le monde est content. Mais attendez... Baudelaire était parisien, Churchill anglais, Anna russe et Poelvoorde est belge... Cherchez pas. Faut que je déménage.




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