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  • Mathilde ROUX

Le livre: TO KILL A MOCKINGBIRD, Harper Lee



Oui, après "le livre de la semaine", "le livre du moment" et "le livre du mois", j'ai décidé d'intituler cette rubrique: "le livre". Intemporel.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, en français, est l'histoire d'un père, Atticus, décrit à travers les yeux de sa fille.


L'histoire se passe à Maycomb, dans le fin fond de l'Alabama (US) au milieu des années 30. Au sein d'une population fun, ouverte sur le monde et délirante, comme vous pouvez l'imaginez. Scout est une petite fille intelligente et très cultivée de 8 ans qui observe les gens qui l'entourent et s'efforce de ne pas leur déplaire. Elle a perdu sa mère lorsqu'elle avait 2 ans. Elle ne souffre pas de cette absence au contraire de son grand frère Jem, 12 ans, qui à cause de cela, aime bien s'isoler de temps en temps. Sa soeur sait qu'alors il ne faut pas le déranger.

Scout est une petite fille directe qui commente tout, sans aucun filtre ni distanciation.


On découvre ainsi que sa maîtresse lui a interdit de lire en classe parce que, c'est bien connu, un enfant ne doit pas savoir lire avant l'âge. Scout constate alors: "Jusqu'au jour où je craignis que cela me fût enlevé, je ne m'étais jamais rendu compte que j'aimais lire. Pense-t-on que l'on aime respirer ?"

La nounou de Scout, Calpurnia, celle qui lui a appris à lire et écrire ("tout était de sa faute") affronte sa communauté, noire, lorsqu'elle amène la petite fille, blanche, à la messe avec elle.

Pas de blancs chez nous Calpurnia.

C'est pas qu'ils sont racistes ces gens-là, mais, allez savoir pourquoi, le Ku Klux Klan et autres joyeusetés du coin les rendent craintifs. Etonnant.

Pour autant le père de Scout, avocat, risque sa vie en défendant Tom Robinson, un homme noir, accusé à tort d'avoir violé la fille de Bob Ewell, un fermier ignare, violent et stupide. Mais blanc (donc quelqu'un de bien).

Scout demande à son père (qu'elle n'appelle jamais papa):

"-on va gagner Atticus ?

-non ma chérie.

-alors pourquoi...

-ce n'est pas parce qu'on est battu d'avance qu'il ne faut pas essayer de gagner."


Cyrano is in the (US) kitchen.


Atticus au tribunal, ce père vieillissant ("il ne faisait rien" et "en plus il portait des lunettes"), se bat calmement, en vain, face à une assemblée hostile et sans savoir que son fils de 12 ans, Jem, l'observe, les poings serrés, à côté de Scout, qui commente: "Jem était de l'étoffe dont on fait les héros".


On a peur souvent à la place de la narratrice qui par sa naïveté et sa fraicheur nous effraie. Elle sauve par exemple son père d'un lynchage dans la prison où il est venu soutenir Tom Robinson. Scout a encore désobéi, elle n'aurait pas dû se trouver là. Elle ne sera jamais convenable, au grand dam de sa tante Alexandra qui la pousse à distribuer des plateaux de petits fours lors de réunions entre dames de bonne compagnie auxquelles Scout ne comprend rien. Elle ne veut même pas porter de robe. C'est dire si son avenir est compromis.

Pour autant, elle sait qu'elle devra bientôt pénétrer "dans ce monde à la surface duquel les dames parfumées se balançaient lentement, s'éventaient avec langueur et buvaient de l'eau fraîche." La chance.


Le final, bien que réaliste, reste haletant et merveilleux avec toujours ce père obsédant qui explique qu'il n'a fait que vivre de façon à pouvoir soutenir le regard de ses enfants.


D'une écriture pure et caustique, Harper Lee, la meilleure amie de Truman Capote (voir le film si vous n'avez pas lu cet auteur inclassable, et lisez le ensuite et puis relisez le encore), n'a écrit que ce roman durant toute sa vie. Elle pensait qu'il ne fallait réécrire que pour faire mieux. Evidemment, ce n'était pas possible.


Un roman universel.




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